Usha Lathuraz, Sarah Minutillo, Zoé Médard, et Maria Vita Goral, toutes issues de l’ÉSAVL-ARBAL, sont aux Arts au Centre #2
Nous avions déjà annoncé cette manifestation d’Art au Centre édition 2, dont l’objectif est la revitalisation du centre urbain liégeois par la transformation de lieux commerciaux inusités (dont les vitrines) en espace d’exposition. Des étudiants, des diplômées, des enseignants, de l’ÉSAVL-ARBAL, participent à ce projet.
À présent que le site d’Art au Centre s’est actualisé pour présenter sa deuxième édition, nous pouvons préciser les projets proposés par les étudiants et les diplômées de l’ÉSAVL-ARBAL :
Usha Lathuraz (étudiante en Master en Peinture), lauréate de l’Appel à projets Art au Centre #2, propose Playing Blocks (2e image à gauche) :
« Récolte de lettres, de souvenirs, de pensées, de définitions, de SMS, de cartes… Protégés par une vitre, imprimés en minuscules ou étiquetés et peints par-dessus, il y a toujours un obstacle entre le lecteur et le travail. Un effort à faire pour découvrir des secrets, des phrases intimes, des mots d’amour, un parcours de vie à travers des mots. Construire une fragilité, faire image des étapes d’évolution d’une vie. Créer des cycles. Construire un art comme un parcours temporel, qui accompagne un changement. Tous ces cycles sont d’éternels recommencements, suite de phénomènes, transformations. La répétition d’un motif, l’épuisement d’une forme. C’est une perte constante : la perte de l’enfance, la perte de la jeunesse. Mais aussi une construction continuelle, un choix de chemins, ce parcours de vie. Les cubes en bois, premiers jeux d’enfants, apparaissent dans le travail comme des composants qui rythment une histoire. Une ligne du temps verticale évoque ce cycle, où chaque seconde qui passe est un moment décisif. Ensuite, la transformation de ce moment en souvenir. » (Usha Lathuraz, 2020).
Sous le commissariat d’Anne Ozanne, (critique d’art, éditrice, et commissaire d’exposition entre autres), Zoé Médard (diplômée de Master en Vidéographie) propose Once upon a time (3e image à gauche) :
« Plasticienne formée en vidéo à l’ÉSAVL-ARBAL, Zoé Médard a développé de multiples facettes à son travail. Pratiquant la vidéo sous des formes expérimentales, documentaires et fictionnelles, elle travaille également la sculpture, la photographie, l’installation, la performance, etc. Inventer l’œuvre dans et à partir de l’espace où elle expose fait la particularité constante de l’artiste. Pour ce projet, Zoé Médard revêt la vitrine d’une seconde peau inventée à partir de détails d’images de vitrines cassées et d’effets de brisures de verre ou de cristaux. L’apparence de la vitre est physiquement retouchée comme on modifie une image virtuelle. La réalité est modifiée et questionne nos certitudes. Ornement étrange, l’intervention est un bijou de façade, une parure pour la rue. Ce qui est abandonné brille à nouveau, ce qui est laid devient beau. Telle une couche de vernis écaillé, ce territoire fictif est porteur de récits, stigmates d’une colère citoyenne ou traces d’événements violents dans l’espace public/collectif. Dans une forme d’empathie, l’œuvre relie cette vitrine à toutes les vitrines du monde. Zoé Médard transforme ce magasin vide en zone d’altérité du lointain. Je suis ici et ailleurs, l’Ici est l’Ailleurs. » (Anne Ozanne, 2020).
Sarah Minutillo (étudiante en Master en Dessin), autre lauréate de l’Appel à projets Art au Centre #2, propose En travers (4e image à gauche) :
« Dans son installation “En travers” Sarah Minutillo s’adresse au spectateur en tant qu’individu en mettant en question sa relation à différents registres d’images du territoire urbain. L’artiste met en scène des images habituelles de la rue parallèlement à des images privées et intimes. “Mes préoccupations artistiques principales me portent à interroger le tissu complexe des relations qu’entretiennent les images entre elles et comment nous les abordons. Les images peuvent se présenter à nous sous différents registres : le registre moral, affectif, esthétique ; une multitude de strates où peuvent se côtoyer l’ordinaire et l’extraordinaire. Mon travail est un incessant aller-retour entre la sphère privée et la sphère publique et si les photographies utilisées sont parfois celles d’une époque, les sujets et idées qu’elles convoquent sont actuels. Ma collection d’images personnelles invite parfois l’anecdote mais une image peut en rappeler une autre, sollicitant le spectateur dans son propre répertoire, sa propre imagerie. Dans une pratique mêlant le dessin, la peinture et l’installation, la décontextualisation et l’effacement des images sont des ressorts importants dans mon travail. Je pars d’images lisibles et chargées de significations pour les rendre illisibles par la peinture, le dessin. En transposant un médium et son contexte donné dans un autre médium, tout en gardant la trace consciente de ce transfert, je bénéficie de ses nouvelles possibilités. J’associe le savoir faire, à l’authenticité, la fragilité d’un dessin sur le vif ; différents médiums, différents formats. Je dévoile les images, les confronte comme je les choisis, instinctivement.” » (Sarah Minutillo, 2020).
Maria Vita Goral (diplômée de Master en Peinture), autre lauréate de l’Appel à projets Art au Centre #2, propose une installation dont le titre français est Le pain quotidien (5e image à gauche) :
« Maria Vita Goral, est née en Ukraine en 1991. Après avoir étudié la peinture à Lviv, elle s’installe à Liège en 2018 et poursuit ses études à l’ÉSAVL-ARBAL. Elle participe à plusieurs expositions (Les Drapiers, Galerie Flux) et résidences d’artistes (RAVI) en 2019. Dans son travail multidisciplinaire, elle utilise les objets et les images de notre quotidien pour faire surgir des questions d’ordre historique, symbolique, psychologique et anthropologique. Son installation “Хліб насущний”, ou en français, “Le pain quotidien”, propose un cheminement fait de différentes séquences sensorielles. Des pains de toutes formes s’entassent dans la vitrine. Leurs croûtes sont marquées de nombres et de mots d’origines variées. Une sélection de photographies de tableaux célèbres agencent l’arrière-plan. Des tissus finement brodés forment le fond. A cette mise en scène foisonnante s’ajoutent naturellement les sens supplémentaires qu’injecte l’observateur selon son expérience et son ressenti personnel. L’artiste nous invite à une remise en question de la notion de valeur (réel, immatériel, officiel ou simulée) ? “On est toujours ingrat pour le don du nécessaire, jamais pour le don du superflu. On en veut à qui vous donne le pain quotidien, on est reconnaissant à qui vous donne une parure » Victor Hugo.” » (Art au Centre, 2020).
Plus d’informations :
→ Page de présentation de l’exposition de Usha Lathuraz sur le site d’Art au Centre
→ Page de présentation de l’exposition de Zoé Médard sur le site d’Art au Centre
→ Page de présentation de l’exposition de Sarah Minutillo sur le site d’Art au Centre
→ Page de présentation de l’exposition de Maria Vita Goral sur le site d’Art au Centre
→ Site d’Art au Centre
→ Page Facebook d’Art au Centre