OutOfAca : trois étudiants de l’ÉSAVL-ARBAL à la Galerie Nadja Vilenne

OutOfAca : trois étudiants de l’ÉSAVL-ARBAL à la Galerie Nadja Vilenne

La Galerie Nadja Villenne participe à OutOfAca / Masters Jurys Juin 2019, en ouvrant plusieurs de leurs salles à trois étudiants de l’ÉSALV-ARBAL et à leur exposition In extremis. Ce sont Floriane Soltysiak, pour le Master en Gravure, Mathide François et Maxime Gougeon, pour le Master en Illustration. À la suite de ces lignes, Maxime Gougeon présente sa démarche et sa participation à cette exposition :

« Considérant l’illustration comme une discipline qui peut s’affranchir du monde éditorial et du livre, mon travail tire néanmoins ses racines d’une approche narrative de l’expression plastique. Le sens de lecture, le rythme, la case, la non-case l’enchaînement d’images restent des préoccupations durables. Il en résulte un rapport intime avec la fiction. Mes projets prennent leur essence dans la réalité porteuse de sens et proposent une dimension ineffable implicite de par leur traitement graphique. Les fantasmes, les rêveries que permet cette réalité constituent une banque de données narratives indispensables. C’est au travers de la photographie qu’un regard subjectif s’instaure et qu’un cadre, qu’un point de vue s’affirme. À partir d’une mise en page, d’une réflexion sur l’espace, sur l’architecture du livre, les clichés sont dessinés.
Le crayon, qui donne à voir de la matière, des ambiances lumineuses, des contrastes, des volumes, questionne le rapport à la trace et à l’image.
À travers cette exposition, deux projets-livres sont présentés : “Mes lointains” et “Capture”. Ce dernier tire son nom, “Capture”, de ce que cette trajectoire chronophotographique s’efforce d’œuvrer : capturer le temps. Capture d’écran sur un monde nomade, ce livre tente de rendre compte de mon rapport contemporain à l’espace et au temps. Génération de l’instantané, de la spontanéité, de la migration, de l’expatriation, le dedans et le dehors se confondent.
“Capture”, tout comme “Mes lointains”, retrace un itinéraire, une temporalité. Tous deux tentent de nous plonger dans l’atmosphère lente et hypnotisante du voyage de la route. Les paysages défilant nous rendent passifs. Nous nous laissons envahir par la tombée de la brume, le flou, le reflet, la tombée de la nuit et la fatigue. L’impatience du trajet est exposée dans “Capture” par la manifestation progressive de la folie, alors que “Mes lointains” traite de l’émergence de la folie à travers une succession d’épisodes imagés. À travers “Mes lointains”, je me suis également intéressé au rapport texte-image.
Effectivement, les textes dessinés dans “Mes lointains” sont des extraits d’un entretien psychologique dans la procédure d’agrément d’un dossier d’adoption. Ce texte est un témoignage. Il est très subjectif, prend concrètement position sur des questions de société assez précise telles que l’éducation, la parentalité, l’adoption, la gestation pour autrui, la condition des femmes, la nudité, le voyage… On y parle de normes, de valeurs et il s’en dégage la personnalité du personnage témoignant. Le personnage y raconte son enfance, son adolescence, sa relation de couple et son désir d’enfant. Le témoignage est à la fois assez général, traite de questions philosophiques larges, mais aborde également des situations très concrètes et précises. De cette dualité naît alors une ambiguïté : est-ce un réel témoignage ou une vie fantasmée ?
Les images quant à elles représentent pour la plupart le point de vue d’un personnage, ses mouvements, ses fantasmes et ses angoisses. Ils viennent renforcer cette ambiguïté, mais n’illustrent en rien un témoignage psychologique : on n’y voit pas une salle d’attente, ni un psy, ni un cabinet, rien de tout cela. En revanche, on peut apercevoir des transports en commun, de la nature, des animaux, des paysages et de l’abstraction. On y traite donc du voyage, de l’expédition, de l’exilé, de la survie et de l’état sauvage.
Ce qui est en jeu, c’est le sens même de la narration. Alors que les textes rapportent une conversation, les images racontent une trajectoire. Est-ce que l’écrit est un commentaire du dessiné ou l’inverse ? S’agit-il de pensées subliminales ? D’une toute autre histoire ? De flash-back ? Y a-t-il, narrativement parlant, un réel rapport entre le texte et l’image »
(Maxime Gougeon).

Le vernissage à la Galerie Nadja Vilenne, située en bordure de Liège, aura lieu le samedi 15 juin 2019, à partir de 19 h. Mais l’exposition démarrera à partir du jeudi 20 juin 2019. Du jeudi au samedi, de 14 h à 18 h, et sur rendez-vous.

Plus d’informations :
Blog de la Galerie Nadja Vilenne

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