
Exposition de Crescendo #1 dans le cadre des ateliers RAVI
Les RAVI (Liège), partenaire au sein de Crescendo, accueillent quatre artistes diplômés de la deuxième édition de Crescendo.
Crescendo est un projet transfrontalier de soutien à l’insertion professionnelle de jeunes artistes diplômés de l’École supérieure des arts de Dunkerque – Tourcoing (France), ou des Beaux-arts de Liège (Belgique). Ce projet est soutenu par le Ministère de la Culture (France), dans le cadre du Projet CulturePro.
Pour cette première édition, six artistes ont été sélectionnés : côté France, Oonagh Haines, Alexiane Le Roy, Emmanouil Zervakis, côté Belgique, Maxime Gillot, Maria Vita Goral, Lara Singh. Parmi ceux-ci, quatre ont été en résidence d’artistes aux RAVI à Liège. Mai 2021, c’étaient Alexiane Le Roy et Maxime Gillot. Juin 2021, c’étaient Lara Singh et Emmanouil Zervakis. Présentation de Maxime Gillot, puis de Lara Singh :
« La bande dessinée doit être placée au service du récit. C’est à partir de ce principe que je m’applique à explorer les limites de l’intelligible (en tentant de ne pas basculer dans un récit élitiste que seuls quelques adeptes pourraient comprendre), à questionner, déconstruire et reconstruire les codes préexistants de la bande dessinée et à imaginer de nouvelles voies afin de pouvoir répondre au besoin spécifique de chaque narration. Il s’agit ici de raconter, de transmettre de l’information mutante, évolutive, d’imiter, ou d’en donner l’impression, le passage d’un temps, d’un instant ailleurs. Raconter, c’est avant tout être attentif au monde qui nous entoure et rester prédisposé à recevoir ce qu’on nous y présente, ce qu’on vit. Je ressens le besoin d’être à l’affût, à l’écoute, d’observer afin de me poser en tant que témoin, en tant que conteur. Je me dis que mes récits peuvent sembler, en aspect, parfois bien éloignés de la réalité de tous les jours alors qu’à mes yeux, ils sont des façons évadées, détournées, de mettre en évidence ces réalités, ces “trop plein” d’émotions bouillonnantes, cette synthèse de quotidiens, d’informations qui fusent de tous côtés.
Aujourd’hui, je sens que ma démarche s’est affublée, à mon insu, d’une contrainte supplémentaire, celle d’“aller à l’essentiel”. En effet, il m’apparaît que naturellement je suis parti à la recherche de l’efficacité maximisée. Le plus de contenu dans l’espace le plus réduit, en dépouillant le récit de l’anecdotique et de l’inutile. Ainsi, celui-ci apparaît plastiquement plus synthétique, parfois plus énigmatique tant les formes se réduisent. Maxime Gillot » (RAVI).
« Ma peinture se base sur l’observation pour tenter d’interpréter le réel.
Je partage la façon dont j’appréhende la nature. La nature se développe et se crée seule tandis que j’emprunte à celle-ci dans le but de créer.
Une autre opposition survient dans mon travail : celui du format. En confrontant des dimensions très éloignées, un rapport interne et externe se crée.
L’un suggère l’immensité du paysage, l’autre un fragment de nature. Lorsque je contemple longtemps un détail, celui-ci finit par m’absorber.
Un fragment du monde devient géant, un fragment devient paysage. Le paysage est une impression, le monde est une composition de l’esprit.
Dans le cas des petits formats on est dans le contrôle, les limites sont très claires, je peux prendre du recul. Le geste naît grâce à la main, c’est un rapport plus intime.
Tandis que pour les grands formats, l’espace donne sa place au geste du corps tout entier, il y a presque un côté exhibitionniste.
Cet acte libérateur consiste à se détacher du désir de maîtrise. Ces compositions abstraites sont réduites jusqu’à ne garder que l’essence de mon sujet : couleur, forme, rythme. La peinture s’émancipe du format habituellement rectangulaire. Libérée de cette contrainte, elle fait partie intégrante de l’environnement dans lequel elle sera placée. Seule ou en communion avec d’autres, tels les éléments qui constituent un paysage. Paysage mouvant en perpétuel changement puisque comme dans la nature, les éléments qui le compose peuvent apparaître, évoluer, disparaître. Les techniques, supports et formats s’entremêlent : encre, acrylique, tissus, carton, bout de papiers, grand, petit… je privilégie toutefois, en ce qui concerne les grands formats, la peinture à l’huile sur toile de lin brute.
Cependant, tentant de m’adapter à la situation de confinement je découvre des techniques de coutures et de broderie. Je peins à l’aiguille, le fil remplace le pigment. Point par point, le minéral et le végétal s’enracinent et se développent dans la toile ; ils ne sont plus seulement déposés comme cela se faisait en peignant, mais ils la transpercent comme ils transpercent la terre. Lara Singh » (RAVI).
Dans le cadre de l’Ouverture des ateliers RAVI, les travaux engagés des quatre artistes sont exposés, ce vendredi 25 juin 2021 (18 h à 21 h), et le samedi 26 et dimanche 27 juin 2021 (14 h à 18 h).